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María CHILLÓN

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María CHILLÓN Burin:dessin 2018 19 GSB
María CHILLÓN Burins NUDO 2018 GSB
María CHILLÓN Dessin 2018 GSB
María CHILLÓN Burins 2017 GSB
María CHILLÓN Burins 2016 GSB
MaríaCHILLÓN Burins 2015 GSB

María Chillón  GSB L'ŒIL #694



María CHILLÓN

Démarche :
Après une première approche des arts graphiques en 2003, au cours de mes études aux Beaux-arts, je me suis spécialisée dans l’estampe. Orientant mon parcours vers cette discipline qui correspondait bien à ma conception esthétique.
En 2008, à peine arrivée à Paris, j’ai intégré l’atelier Contrepoint où j’ai découvert la technique du burin. Petit à petit, celle-ci a pris une place prépondérante dans mon œuvre. Je suis tombée sous le charme de cet outil et du trait qu’il engendre, à la fois, froid et dur, mais libre et sensible dans la main des maitres.
La pointe acérée du burin crée l’image dans le métal, par incision. La ressource unique est la ligne, mais une ligne vivante qui succède à une autre.
Sa création est un processus lent car il faut d’une main contrôler l’angle et la pression imposés à l’outil ; tandis que l’autre main guide la plaque lentement pour définir la trajectoire de l’instrument. Une extrême rigueur et beaucoup de patience sont nécessaires afin de maintenir le burin dans son sillon.
À l’occasion, les petites lignes nécessitent elles aussi de manœuvrer la plaque.
Les variations de force, d’orientation ou de vitesse façonnent les tailles.
Cette construction de l’image obtenue par des lignes tracées individuellement, et à la suite les unes des autres, offre à celles-ci un caractère propre.
Malgré certaines contraintes, la technique du burin est directe et simple ; elle ne nécessite que l’outil et la maîtrise du graveur.

La ligne est un élément basique de la représentation. Absente dans la nature en tant que telle, elle est partie intégrante de la mécanique d’abstraction qui s’opère dans l’esprit de l’artiste, nous offrant par là, sa vision du monde.

Dans mon travail de graveur, je ne cherche pas à représenter la réalité mais à créer des volumes, des objets, des corps qui nous dévoilent un monde ambigu, dans lequel je cherche les réponses aux tensions entre les perceptions de mon corps et celles de mon esprit. En créant des formes qui, sans être figuratives, pourraient faire partie de mondes possibles par leur aspect organique, animal ou végétal, je veux rechercher le sens des ombres qui se dessinent à la seconde où mes yeux se ferment et les matérialiser.
Les peurs induites par la douleur, la mort, la fragilité du corps mais aussi l’attraction vers les plaisirs qu’il nous procure s’opposent à l’idéal de beauté, d’amour, de spiritualité et au désir de transcendance.
Ma recherche se situe à la frontière de ce qui sépare l’homme de l’animal, quand le sensible se heurte aux idées, et les hormones aux neurones. La tête affronte les tripes sans qu’il n’y ait de vainqueur, pour faire sortir des images abstraites. Les émotions sans formes précises qui se métamorphosent en monstres drôles, oiseaux ou organes aux yeux du spectateur.

Les tensions même de ce concept esthétique se retrouvent dans la dualité bi / tri –dimensionnelle de la gravure, dans sa condition unique et multiple.
La taille dans le métal, fait apparaître, après impression la ligne en relief sur la surface plane du papier. Cette dernière possède un caractère tactile, ainsi les noirs ne sont pas des tâches mais des superficies cannelées qui invitant la caresse de la trame texturée du papier.

Ainsi, je pose des questions pour lesquelles je n’ai pas de réponses. Je tente de trouver dans l’union des traits, la combinaison des lignes puis dans l’image terminée, la clé de mes secrets et de mes peurs. L’ambiguïté de la forme s’offre à l’interprétation du spectateur avec l’espoir que s’ouvrent à lui les portes de mon esprit et de mon corps, afin que lui puisse me donner des réponses."



MarÍa CHILLÓN 2 Burins2014
MarÍa CHILLÓN Burins 2012 13

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